La Suisse a vendu des armes pour 665 millions de francs l’an dernier. Le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, a dévoilé les chiffres mardi à Berne. Il s’agit avant tout de munitions et de véhicules blindés. Les principaux pays importateurs sont l’Allemagne, les États-Unis et l’Italie.
Avec la multiplication des conflits, la demande en matériel de guerre augmente. Mais les exportations suisses diminuent. Moins 5% l’année dernière, moins 27% l’année d’avant. Les accords de non-réexportation que la Suisse fait signer à ses partenaires commerciaux pourrait expliquer cette baisse. Certains partenaires, européens notamment, hésitent à acheter en Suisse. Même si cela ne se voit pas encore dans les chiffres. Les précisions d’André Mittmann, chef du secteur contrôle à l’exportation au SECO :
Plusieurs demandes du Parlement sont en cours d’examen pour assouplir les règles d’exportation de matériel de guerre.
La loi suisse interdit la vente de matériel de guerre dans des pays en conflit armé. Mais les règles sont plus souples pour les biens à double usage, civil ou militaire, comme les systèmes de déminage ou de vision nocturne.
Des permis ont été octroyés l’an dernier à hauteur de 73 millions de francs pour ce type de biens. Par exemple à destination d’Israël ou du Rwanda. Les explications de Jürgen Boehler, chef du secteur Contrôle à l’exportation des biens industriels au SECO :
Le SECO précise que chaque demande de permis fait l’objet d’un examen particulier, qui tient compte de la situation du pays, du destinataire final, de l’utilisation du bien et du potentiel d’abus. Les biens envoyés en Israël sont souvent des pièces assemblées sur place et réexportées en Europe. /mv