Actualités Suisse

Ce que cache la fuite sur les démissions de Thomas Süssli et Christian Dussey

648665960_highres

La Berne fédérale est encore sous le coup d’un mardi 25 février aux annonces fracassantes : une indiscrétion dans la NZZ a révélé les démissions du chef de l’armée Thomas Süssli et du chef du service de renseignement Christian Dussey.

L’indiscrétion a été rendue possible, parce que Viola Amherd avait mis, confidentiellement il va de soi, ce double départ à l’ordre du jour du Conseil fédéral, qui en a discuté ce ,mercredi 26 févreir.

Est-ce que la cascade de départs a une cause commune ? L’analyse de notre correspondant à Berne Serge Jubin.

Les débats au Conseil fédéral, ce matin, ont dû être chauds, Serge.

Les explications de Viola Amherd

La ministre de la défense Viola Amherd a dû expliquer pourquoi elle avait attendu avant d’informer ses collègues et que la sécurité du pays n’était pas en péril. Elle l’a répété devant les médias, à la fois offensive et déterminée, mais aussi irritée.

Viola Amherd s’en ira le 31 mars. Laisse-t-elle le chaos dans son département de la défense ?

Ce qui a surtout irrité Viola Amherd, c’est que l’information sur les démissions de MM. Süssli et Dussey a fuité dans les médias. A peine une heure après qu’elle l’ait inscrit à l’ordre du jour de la séance du Conseil fédéral, a-t-elle précisé.

Le gouvernement condamne l’indiscrétion, qui ne peut pourtant provenir que des cercles très proches des conseillers fédéraux. Le porte-parole du Conseil fédéral Andrea Arcidiacono.

Les explications de Thomas Süssli et Christian Dussey

Bien que sous pression, le chef de l’armée Thomas Süssli estime ne pas avoir été poussé vers la sortie. Nommé par Viola Amherd et entrée en fonction en 2020, il estime avoir fait son temps.

Pour la première fois, Thomas Süssli s’exprime en français.

Le départ du chef du service de renseignement Christian Dussey, après seulement 3 ans, a surpris. Il restera certes jusqu’en mars 2026 pour garantir la transition. Mais Christian Dussey a mal vécu la mauvaise évaluation interne de son service et les effectifs insuffisants au service de renseignement.

Christian Dussey a laissé entendre qu’il était épuisé, par une pression énorme liée à la géopolitique mondiale. Epuisé aussi parce que son service manque cruellement de ressources, technologiques et humaines. Et c’est un vrai défi pour la sécurité en Suisse.